N°2 : Juillet – Décembre 2021
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Ghofrane Belkhir : la championne naissante de l’haltérophilie tunisienne
Une première en haltérophilie tunisienne : Ghofrane Belkhir, 20 ans, a remporté l’or au championnat du monde d’haltérophilie qui s’est déroulé à Tachkent, la capitale ouzbek. En effet, la championne s’est classée en tête de la catégorie des 55 kg. Après une percée fulgurante sur la scène mondiale et olympique, celle-ci s’est inscrite parmi les étoiles montantes du monde arabe.
Ghofrane Belkhir

La jeune femme, née à Gabès (Tunisie), a commencé sa carrière à l’âge de 12 ans. Elle s’entraîne dans un gymnase modeste avec peu de moyens, malgré l’opposition de son père, qui considère l’haltérophilie comme un sport masculin. Toutefois pour Ghofrane, il s’agit d’un sport comme les autres, qu’elle considérait pratiquer, à l’époque, pour le loisir. D’autres activités physiques, telles que le volleyball et la lutte, auxquelles elle s’est également consacrée, l’intéressaient également. Se confiant à Taja Sport, elle relate : « Je me suis lancée dans l’haltérophilie pour me divertir avec mes camarades de classe. Avec le temps, j’ai senti qu’il s’agissait d’un domaine dans lequel j’étais capable de progresser. C’est alors que mes intentions premières ont été détournées et que le simple désir de distraction s’est transformé en profession. Je tenais, à partir de là, à aller loin en empruntant ce chemin ».

Ghofrane Belkhir a lancé sa carrière en grande pompe, lors de sa première apparition comme membre de l’équipe nationale tunisienne. Et pour cause ! Celle qui a fait honneur à son club, l’Association Sportive Solidaire, a réussi à se doter de deux médailles d’or, et d’une autre en argent lors du Championnat arabe, en Égypte. Elle a par la suite remporté la médaille d’or dans la catégorie des 63 kg, lors du Championnat d’Afrique. Elle est également devenue, la plus jeune haltérophile couronnée d’or dans l’histoire des tournois méditerranéens à Tarragone, en Espagne, en l’an 2017, et a décroché la médaille d’argent aux Championnats du monde féminins de 2018.


En dépit des difficultés sociales qui faisaient obstacle à son parcours, la championne tunisienne s’est battue pour son sport favori. Epreuves qui ne l’ont pas empêché de se démarquer sur la scène internationale, avec un exploit sans précédent qu’elle a réalisé. En 2018, Ghofrane remporte l’or aux Olympiades argentines de la jeunesse. « Je me réjouis de ce succès. Je consacre cette médaille au quartier où j’ai grandi. Ce n’est pas un quartier criminel, comme beaucoup le pensent. Là-bas, des stars et des héros naissent du creux de la douleur et de la marginalisation », déclare la jeune championne.

Pour les Jeux olympiques de Tokyo qui se sont tenus durant l’été 2020, les Tunisiens attendaient impatiemment de voir leur championne triompher. Malheureusement, celle qu’on prénomme la « gazelle brune » a été grièvement blessé au niveau du coude et a dû subir une intervention chirurgicale. Cet incident l’a alors empêché de participer aux épreuves de sélection qui devait la conduire droit aux Jeux olympiques. A ce sujet, elle confie : « Je suis passée par une situation financière extrêmement difficile, à tel point que je n’ai plus pu subvenir à mes besoins au quotidien. J’ai envisagé de me retirer et de me désengager de ce sport, en raison de ce qui m’arrivait.  Je vivais sous le seuil de pauvreté, sachant que mon revenu mensuel était de moins de 100$ ».

Son entraîneur, Majid Ben Amara, ayant déjà vécu cette expérience, lorsqu’il était joueur, a réussi à transmettre à Ghofrane l’esprit de résilience et l’amour de la victoire. Cette incitation n’a pas tardé à convaincre la jeune championne à reprendre l’entrainement et à continuer sa rééducation.

Après une absence de deux ans, Ghofrane Belkhir a repris ses activités avec sa participation au Championnat du Monde, à Tachkent. Loin de figurer parmi les trois premiers, en raison de sa blessure, Ghofrane n’a pas baissé les bras : elle avait alors une volonté de fer et est partie cueillir sa victoire en Ouzbékistan, ce qui a fait la joie de tous les Tunisiens.

« Dieu soit loué ! Malgré mon jeune âge et une compétition intense et difficile, j’ai réussi à remporter le Championnat du monde, contre les deux grands champions du Nigeria et de l’Ukraine. Je tiens à remercier tout particulièrement mon entraîneur, Majid Ben Amara. Il fait honneur aux entraîneurs tunisiens, il a tout d’un grand entraîneur international ».

Avec la médaille d’or, Ghofrane Belkhir est devenue la première femme de l’histoire du pays à remporter le titre mondial d’haltérophilie.

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