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Avec leur moteur vrombissant et leur fière allure, les grosses cylindrées ne laissent personne indifférent sur leur passage. Ce fameux « vroum, vroum » fait grincer les dents autant qu’il fascine. Sur leurs deux roues, les amateurs de moto vous diront que ce sont d’abord les sensations fortes et le défi qu’ils recherchent. C’est précisément ce que Afaf Hamdoune a trouvé à bord de son bolide.
الدراجات النارية

La motocycliste marocaine Afaf Hamdoune s’est fait un nom dans le monde des sports mécaniques, en participant à de multiples évènements du genre, au Maroc. Pourtant, la moto ne faisait pas partie de ses projets. De son aveu, la championne explique qu’elle a été initiée à ce sport par le fruit du hasard. Elle-même ne s’imaginait pas mener une telle carrière sportive.

Sa passion pour les motos et son goût de l’aventure l’ont amenée à braver tous les risques et à mettre en place le premier tour féminin du Royaume chérifien. Le périple sur les routes du Maroc sera lancé à partir de la capitale Rabat pour finir au poste frontalier de Guerguerat. Au retour, Afaf Hamdoune longera la côte orientale du pays, en passant par Oujda, Fès, Tanger et Casablanca.

Au nom de toutes les femmes marocaines

En tout, la motarde parcourra 6600 km, à une vitesse de 120 km/h, dans le cadre de ce Tour du Maroc, attendu dans la 3e semaine de février 2023.

« J’ai pris la décision de me lancer seule dans cette aventure, compte tenu des difficultés, des risques et des responsabilités à assumer pour un si long parcours », a indiqué la pilote et membre du Dada’s Bike Club, affiliée à la Fédération Royale Marocaine de Motocyclisme.

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En outre, Afaf Hamdoune a révélé à Taja Sport, que ce défi représente le premier pas vers des circuits de grande envergure. Ce serait également l’occasion d’aller à la rencontre des femmes en milieu rural, dans les régions défavorisées, d’être à leur écoute et de leur apporter soutien et assistance.

Moins de 3 mois avant le grand départ, la pilote continue de travailler d’arrache-pied, pour faire de ce Tour du Maroc un événement sportif national et incontournable. La fin du Tour, programmée pour le 8 mars, n’est pas un choix fortuit. À l’occasion de la Journée Internationale pour les Droits des Femmes, Afaf souhaite effectivement, marquer le coup au nom de toutes les femmes marocaines du pays et de la diaspora.

Une passion née d’un heureux hasard

Lorsque Afaf Hamdoune raconte ses débuts à bord de sa moto, elle évoque l’histoire d’une passion née d’un heureux hasard. Il y a dix ans, alors qu’elle faisait une marche dans la nature, son regard se pose sur un motard qui faisait grogner sa cylindrée. Le vrombissement était si puissant qu’elle frissonna de peur, mais ce sentiment a très vite laissé place à la fascination. Impressionnée par l’habileté du pilote sur sa moto, la jeune femme décide peu après, de s’inscrire dans une école pour apprendre à conduire les motos de type GT.

Après avoir obtenu son permis, Afaf Hamdoune ne lâche plus le guidon. Pendant des mois, elle s’est entraînée sans répit pour perfectionner ce savoir-faire, jusqu’au jour où son rêve devient réalité, avec l’acquisition de son premier bolide à deux roues. Ainsi, Afaf devient officiellement motarde. En 2017, elle rejoint le club Dada’s Bike et fait ses premières apparitions dans des manifestations nationales au Maroc. Dès 2018, elle parcourt 1000 km, lors de sa première participation à une compétition de motocycle. Puis, en 2020, elle traverse 4000 km en passant par Casablanca, Marrakech, Ouarzazate, Merzouga, Oujda, Tétouan et Tanger, avant de rebrousser chemin à Casablanca.

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Les routes de l’aventure, entre obstacles et espoirs 

Cependant, pratiquer ce sport et intégrer l’univers des bikers n’a pas été une mince affaire ! Au début de sa carrière, il était très difficile de s’imposer. D’autant plus que le nombre de femmes pratiquant ce type de sport était très faible à l’époque.

Fort heureusement, la situation a évolué aujourd’hui. Selon Afaf Hamdoune, « le nombre de femmes motardes augmente de manière fulgurante. Ceci est dû à leur désir de rompre l’adage selon lequel les grandes motos seraient réservées aux hommes seulement. »

S’agissant de ses débuts compliqués, elle estime que manier une grosse moto nécessitait de gros efforts, d’une longue expérience et d’un potentiel énergétique qui permettrait d’affronter tous les obstacles. À cela, s’ajoute le poids des motos, qui constitue une difficulté supplémentaire à gérer et ce pour bon nombre de femmes. Mais lorsque la « bête » est enfin maitrisée, la piloter procure un plaisir sans pareil.

Ce plaisir Afaf Hamdoune veut le partager avec d’autres femmes. C’est pourquoi la Marocaine réfléchit à lancer un « rallye féminin ». Son objectif est de promouvoir ce sport mécanique et d’encourager les femmes à enfiler le casque, pour sillonner à ses côtés les routes de l’aventure.

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