N°2 : Juillet – Décembre 2021
Lire le magazine en langue arabe

Lire aussi

Coupe d’Asie féminine de football : l’absence inquiétante des nations arabes
Ce jeudi 20 janvier, a débuté la Coupe d’Asie féminine de football 2022 de l’AFC, en Inde. Douze équipes féminines se disputeront le titre continental pour cette 20e édition, marquée par l’absence de toutes les équipes arabes. La compétition entre les sélections asiatiques s’annonce intense, notamment pour les 3 premières places qualificatives au mondial de 2023.
Equipe jordanienne féminine de football

Lors du tirage au sort qui s’est déroulé le 28 octobre, au siège de l’AFC, en Malaisie, les 12 sélections nationales féminines ont été réparties en trois groupes. Se qualifieront aux quarts de finale les deux premières équipes de chaque groupe ainsi que les deux meilleures troisièmes. Dans ce tournoi féminin, le plus onéreux du continent, les rencontres se joueront dans 3 sites : DY Patel de Navi Mombas, la Mumbai Arena de Mumbai et le Shree Shiv Chhatrapati Sports Complex de Pune.

Après l’édition de 1979, c’est la seconde fois que l’Inde accueille la Coupe d’Asie féminine de football en son territoire. Outre le pays hôte de la compétition, le Japon, la Chine et l’Australie ont été automatiquement qualifiés après avoir remporté les 3 premières places de la précédente édition de la Coupe des Nations d’Asie.

Une compétition intense

Avec une participation record, depuis le lancement de sa première édition à Hong-Kong, en 1975 (12 nations), cette Coupe d’Asie féminine promet d’être très compétitive. Les joueuses japonaises aspirent à conserver leur titre, remporté au Royaume Hachémite, en 2018, au moment où les Chinoises, couronnées 8 fois déjà, éprouvent, aussi, la ferme intention de s’approprier la coupe.

Pour sa part, la sélection indienne cherche à acter son retour sur la scène du football féminin asiatique, avec un résultat qui lui permettrait d’obtenir son billet pour les finales de la Coupe du monde. Cela n’est pas sans rappeler que les Taïwanaises, premières joueuses à arriver en Inde, constituent des adversaires expérimentées, capables de créer un effet de surprise. Le Taïwan compte, en effet, parmi les équipes les plus emblématiques de l’histoire de ce tournoi asiatique. Quant aux joueuses australiennes, elles sont prêtes à tout pour s’emparer du titre, d’autant plus que la Coupe du Monde féminine de 2023 se tiendra, en partie, en Australie.

A l’issue de la compétition, qui prendra fin le 6 février, l’équipe gagnante partira avec un chèque d’une valeur d’un million de dollars. Les finalistes remporteront 500 000 dollars contre 150 000 dollars pour les concurrents aux 3e et 4e places.

Le spectre de la pandémie

En raison de la crise sanitaire liée à la Covid-19, cette Coupe continentale, initialement prévue pour 2021, puis reportée, aura bien lieu cette fois-ci, mais sous certaines conditions. La compétition se jouera dans une « bulle sanitaire ». L’ensemble des participants, personnel et même chauffeurs de bus, y seront confinés jusqu’à la fin du tournoi. A ces mesures préventives s’ajoutera l’obligation pour tout le monde de se faire tester toutes les 72 heures, afin de détecter les potentielles contaminations au coronavirus.

Archives/ ancien match de l’équipe libanaise féminine de football

L’absence des nations arabes

Six équipes nationales féminines arabes ont pris part aux éliminatoires de la Coupe d’Asie féminine de football de l’AFC 2022. Malheureusement, aucune d’entre elles n’a réussi à s’imposer dans son groupe. Les pays éliminés sont le Liban, le Bahreïn, la Palestine, la Jordanie, les Émirats et l’Irak. L’absence des autres nations arabes s’explique soit par l’inexistence d’une équipe nationale féminine de football soit parce que l’équipe se trouve encore en phase de structuration.

Les joueuses jordaniennes ont frôlé les qualifications. Toutefois, la séance de tirs au but a scellé leur sort face aux Iraniennes, qui se sont qualifiées, pour la première fois, aux phases finales. « La Jordanie jouit des compétences nécessaires pour passer les éliminatoires, mais ce jour-là, la chance n’était pas au rendez-vous », confie le sélectionneur de l’équipe libanaise féminine de football, Wael Gharzeddine, à Taja Sport.

De ce fait, aucune équipe arabo-asiatique ne sera présente en Australie et en Nouvelle-Zélande, lors des finales de la Coupe du monde féminine 2023. Le seul moyen d’y accéder aurait été de décrocher l’une des trois premières places de la Coupe d’Asie féminine de football, ou, à défaut, de se qualifier pour le « PlayOff », en s’assurant la 4e ou la 5e place.

Selon Wael Gharzeddine, pour comprendre le déclin du football féminin arabe en Asie, il suffit d’observer « les bonnes infrastructures dont disposent les footballeuses d’Australie, de Corée du Sud, de Guam et autres pays asiatiques. En outre, il existe plus de 30 000 joueuses rien qu’en Australie et au Japon. Alors qu’au Liban, ce nombre ne dépasse pas les 850, toutes catégories d’âges confondues ».

Le sélectionneur libanais, qui a déjà entraîné au Brésil et en Espagne, souligne également que : « l’âge moyen des joueuses au sein de l’équipe libanaise, n’excède pas les 19 ans, sachant aussi que la joueuse la plus expérimentée n’a disputé que 8 matchs et que les footballeuses ayant le statut de professionnelles sont au nombre de 40, tout au plus. Dans les pays pionniers du foot féminin, les joueuses évoluent en grand nombre, ce qui fait toute la différence avec les pays arabes ».

Cependant, Wael Gharzeddine porte un regard plus optimiste en ce qui concerne le modèle jordanien : « en plus d’une solide infrastructure qui lui permet de se constituer une équipe de joueuses de haut-niveau, la Jordanie est susceptible d’atteindre de bons résultats dans les phases éliminatoires et finales, grâce à sa ligue qui y occupe une place importante ».

Des solutions

« Le football féminin asiatique n’est pas près de se développer, tant que la société ne tolère pas totalement la présence des femmes sur la pelouse », explique Gharzeddine. Et de conclure : « il est primordial que nous puissions bénéficier de stages de préparation avec des délais plus longs, comme c’est le cas chez nos concurrents. Plus encore, il faudrait encourager les joueuses, les inciter à se professionnaliser à l’étranger et créer un championnat national à même de rivaliser avec les championnats régionaux de plus haut niveau ».

 

Share on whatsapp
WhatsApp
Share on twitter
Twitter
Share on linkedin
LinkedIn
Share on facebook
Facebook
Share on email
Email