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Course de dromadaires : Rima Al-Harbi, la Saoudienne qui entre dans l’histoire

Dans la péninsule arabique, la course de dromadaires, un sport ancestral populaire né dans l’ère préislamique, continue de fasciner les foules. Traditionnellement réservées aux hommes, les courses de dromadaires se disputaient entre les membres d’une même tribu, voire plusieurs dans certaines occasions. Depuis, une jeune saoudienne a fait souffler un vent de modernité sur la pratique de ce sport, en prouvant que les femmes, elles aussi, sont capables de chevaucher le dromadaire et de concurrencer leurs adversaires masculins sur la piste de course.
Course de dromadaires : Rima Al-Harbi, la Saoudienne qui entre dans l’histoire

« Je montais à dos de chameau quand j’avais 8 ans, parce que mon père possède de nombreux chameaux dans sa ferme et une vaste piste dédiée à la course de dromadaires », raconte Rima Al-Harbi, la première jeune femme à maitriser cet art en Arabie saoudite. Aujourd’hui, elle est devenue pionnière dans ce sport. Elle dispose de ses propres dromadaires de course et est dévouée à leur offrir les conditions et l’environnement dont ils ont besoin pour une bonne croissance.

Les courses de dromadaires ont lieu sur des pistes circulaires ou ovales, sur une distance qui peut varier d’un terrain à l’autre, ne dépassant pas les 23 km, en général. La vitesse des dromadaires dans certains tournois atteint plus de 60 km/h. Contrairement aux courses hippiques, des robots jockeys de moins de 3 kg remplacent les humains, dans les courses de dromadaires.

Comme en athlétisme ou dans le cadre de certaines courses de vitesse dans le sport de haut niveau, ces robots sont dotés d’une technologie hautement avancée, capable de capter avec précision l’instant où les coureurs atteignent la ligne d’arrivée, et de déterminer leur position.

 

Dans la cour des grands

Rima Al-Harbi est fière de ses accomplissements, notamment après avoir participé à la prestigieuse compétition saoudienne « Al-Ula Camel Marathon 2023 », dont la récompense s’élève à près de 80 millions de riyals saoudiens, soit la plus haute récompense sportive du monde. D’autant plus que la jeune femme, originaire de Médine, vient de faire son entrée dans la cour des grands à seulement 21 ans. En effet, la dompteuse de dromadaires saoudienne s’apprête à rejoindre la compétition professionnelle dans les prochains mois. Pour la première fois de sa carrière sportive, Al-Harbi disputera le tournoi des Émirats arabes unis.

« La beauté de ce sport réside dans les défis qu’il pose par sa grande difficulté », explique la Saoudienne. Et, d’ajouter : « C’est dangereux, mais je suis courageuse et je n’ai pas peur du danger. »

Selon Rima, la pratique de la course de chameaux d’Arabie au niveau professionnel nécessite « du courage, une bonne forme physique, de la concentration, de la préparation et un poids léger ». Elle se consacre pleinement à perfectionner ses performances, avec l’ambition de réaliser son rêve de marquer l’histoire de ce sport, en tant que première femme saoudienne à le pratiquer.

ريما الحربي
Rima Al-Harbi

Course de dromadaires : un sport en voie de féminisation ?

Une fois n’est pas coutume dans le domaine des sports féminins. Il convient de souligner que Rima n’a pas souffert du conservatisme dogmatique. Cela s’explique principalement par le fait que les courses de dromadaires font partie du patrimoine du Royaume d’Arabie saoudite. La Saoudienne a même bénéficié du soutien de ses proches, ainsi que du public, qui l’encouragent à poursuivre son parcours atypique. « Les femmes saoudiennes n’ont pas l’habitude de monter à dos de chameau, ce n’est pas une pratique prisée. Mais maintenant, je suis là et je suis la première femme du royaume à le faire », déclare fièrement Al-Harbi.

Rima contribuera peut-être, à ouvrir le champ à d’autres femmes du Golfe et aux Saoudiennes en particulier, dans ce sport millénaire de l’histoire de la péninsule arabique. Le royaume organise déjà de multiples tournois, qui attirent des participantes et des adeptes venues du monde entier. En parallèle, il est envisageable que des compétitions féminines voient le jour à l’avenir. En attendant, les Saoudiennes sont parfaitement capables de se mesurer aux hommes dans des courses mixtes. Rima Al-Harbi en est la preuve vivante.

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