N°2 : Juillet – Décembre 2021
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ألاء السعيدي

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Joueuses binationales : un atout gagnant?
Les fédérations de football d’Afrique du Nord misent de plus en plus sur le recrutement de joueuses binationales évoluant en Europe. Un grand défi pour les pays européens qui luttent aussi pour retenir ces talents.
Les pays d’Afrique du Nord fascinent Les équipes nationales de Tunisie, de Maroc, d’Algérie et d’Égypte comptent parmi leurs effectifs un nombre important de footballeuses venues d’Europe. Cela s’explique par la forte présence de la diaspora nord-africaine dans les pays européens. Les Européennes ne sont pas les seules à intégrer ces équipes. Les expatriées aussi font leur come-back, à l’instar des Algériennes Lydia Belkacemi, Assia Sidhoum et Sarah Boudaoud qui ont rejoint l’équipe nationale de leur pays natal. Dans le but de se qualifier à nouveau pour la Coupe d’Afrique des Nations féminines, l’Égypte a également lancé à un appel à de nombreuses joueuses émigrées. Sara Ismaïl, la joueuse du célèbre club espagnol FC Barcelone, apparait parmi ses meilleures recrues, aux côtés d’autres figures égyptiennes du football féminin européen, qui évoluent dans les championnats roumain, turc, anglais et espagnol.
Sarah Boudaoud
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Rosella Ayane
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Du côté des Aigles de Carthage, la diaspora féminine tunisienne est représentée par Sabrine Louizi, Chirine Lamti, Alaa Kaabachi, Leïla Maknoun, ainsi que Jasmina Barhoumi. Le Maroc, lui, a adopté une des stratégies les plus fructueuses en matière d’attractivité. En effet, les Lionnes de l’Atlas comptent dans leur rang de grands noms du football féminin, tel que Yasmin Mrabet, Rosella Ayane, ou encore Imane Saoud. Le processus de recrutement des joueuses professionnelles immigrées s’appuie sur une cellule de chasseurs de talents, déployée dans différents pays d’Europe, en coordination avec la direction technique de chaque fédération.   Football féminin nord-africain : une nouvelle ère L’arrivée de joueuses immigrées au sein des équipes nationales du Maghreb a marqué l’avènement d’une nouvelle ère du football féminin nord-africain : optimisation du niveau de jeu, des performances et des résultats. Mieux encore, la plupart des équipes féminines de ces pays ont progressé dans le classement mondial de la FIFA.
Sabrine Ellouzi
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Au Maroc, les footballeuses de la diaspora ont mené l’équipe nationale A et les U17 à la qualification en Coupe du Monde Dames. Autre avancée, la Tunisie a accédé pour la première fois de son histoire aux quarts de finale de la CAN féminine et a remporté la médaille d’argent lors de la Coupe Arabe 2022, en Égypte. Cependant, si la valeur ajoutée des joueuses immigrées reste incontestable, ses effets négatifs ne doivent pas être occultés. Et pour cause ! Cette stratégie de polarisation a entrainé un net recul du statut de joueuses locales, qui sont de moins en moins convoquées en équipe nationale. Il est également reproché aux fédérations de privilégier l’investissement sur les talents d’outre-mer, au détriment du développement du football féminin local.   D’autant plus que cette opération séduction a un coût non négligeable. Recruter des talents de l’autre côté de la méditerranée implique, en effet, d’engager de grands moyens financiers et logistiques, afin de couvrir les frais de voyage et de logement des joueuses, en plus des primes de participation et de victoire. Le modèle tunisien Lors de la CAN féminine du Maroc 2022, la sélection tunisienne est entrée en compétition avec 8 joueuses venues d’Europe, dont 4 titulaires : Sabrine Louizi, Chirine Lamti, Alaa Kaabachi, Leïla Maknoun.
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Interrogé par Taja Sport, Samir Andaloussi, l’entraineur des Aigles de Carthage déclare : « Le choix d’une politique de recrutement préférentielle pour les joueuses internationales nous est apparu nécessaire, compte tenu de la qualité de formation dont elles disposent en Europe ».  Ce dernier met l’accent sur l’avantage technique et financier dont jouissent les clubs féminins européens, en comparaison avec les moyens dont disposent les clubs locaux, en Tunisie. Et d’ajouter : « Le niveau tunisien côté championnat est faible, ce qui conduit inéluctablement à une régression des compétences des joueuses tunisiennes ». En 2020, la joueuse du club néerlandais de Feyenoord, Sabrine Louizi, n’a pas hésité à accepter de se joindre aux dames des Aigles de Carthage, malgré l’intérêt manifesté pour elle par l’équipe nationale des Pays-Bas. Celle-ci a indiqué : « Lorsque j’ai décidé de me joindre à la Tunisie, je me suis sentie en paix avec moi-même. J’y ai trouvé une ambiance particulière, qui présage un avenir exceptionnel pour notre équipe nationale ». Les joueuses, qu’elles soient binationales ou expatriées, ont grandement contribué au développement du football féminin en Afrique du Nord. Les récentes réalisations du Maroc et de la Tunisie lors de compétitions d’envergure continentale et mondiale, en sont les meilleures preuves. Cela permettrait d’accorder davantage de moyens et de reconnaissance au football féminin, en accroissant le nombre d’équipes, de joueuses et de cadres féminins. Une meilleure professionnalisation est aussi rendue possible, ce que démontre l’expérience de l’équipe marocaine, qui a emprunté cette voie, il y a presque deux ans. Toutefois, une question se pose : quelle incidence aura cette évolution sur le niveau de jeu dans les championnats locaux ? Seul l’avenir nous le dira !
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