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À l’occasion de la Journée internationale des migrants, célébrée le 18 décembre, la plateforme Taja Sport a décidé de mettre la lumière sur les conditions de vie des athlètes migrantes et réfugiées dans les camps. Une initiative suscite particulièrement l’attention. Il s’agit d’une démarche entreprise par une jeune réfugiée palestinienne pour aider les filles qui, comme elles, grandissent dans un camp au Liban et qui, grâce à elle, font partie de l’équipe de football palestinienne.

Abir Hassan est une Palestinienne qui vit dans le camp de Mieh-Mieh au Liban-Sud. Elle est l’une de ces femmes qui ont ouvert grand la porte aux jeunes réfugiées, victimes de marginalisation sportive dans les camps. Pour contrer cette discrimination, elle fonde, en 2007, une équipe de football baptisée Safad.

Abir raconte les débuts de cette initiative : « J’aime beaucoup le football. Nous, les filles, étions marginalisées et ce jusqu’au jour où une annonce publiée pour un stage de formation d’entraîneuse a suscité ma curiosité. J’ai tout fait pour y accéder ». « A l’issue de ce programme, je me suis rendue à l’école de l’UNRWA pour me rendre compte que le nombre de 30 filles nécessaires à la formation d’une équipe de football était atteint. C’est ainsi que l’objectif a été atteint. Nos séances d’entrainement, nous les avons faites sur une terre d’asphalte, ne disposant pas d’un terrain adéquat », se souvient-elle.

L’équipe féminine Safad a déjà remporté la Ligue palestinienne de la diaspora en 2016, un tournoi qui se tient chaque année et auquel participent des équipes palestiniennes dans les camps de réfugiés au Liban. Grâce à cette compétition, plusieurs joueuses ont pu se faire remarquer et, en 2018, une joueuse issue des camps libanais a été appelée à représenter l’équipe nationale féminine palestinienne.

Leur réussite s’est manifestée à d’autres niveaux également. Les joueuses de Safad ont, en effet, participé, aux côtés d’autres équipes palestiniennes à la Coupe de Norvège à plusieurs reprises. Elles ont aussi pris part à des stages de formation dispensés par la Fédération norvégienne et la Fédération libanaise de football pour la formation d’entraîneuses. Aujourd’hui, Safad compte cinq joueuses titulaires d’un certificat d’entraînement, qui encadrent les petites équipes.

Grâce à ses efforts dans le monde du sport féminin, Abir Hassan est devenue membre de la Diaspora de la Fédération palestinienne de Football et vice-présidente de l’Union palestinienne de la Diaspora. « Nous avons de grandes ambitions », déclare-t-elle. « Nous voulons nous introduire dans les écoles et assurer des formations à l’intention des jeunes, filles et garçons pour les inciter à participer aux tournois et hisser haut le nom de la Palestine », précise-t-elle.

Une absence à suppléer

Le nombre d’athlètes palestiniennes dans les camps de réfugiés est réduit. Selon Abir, cela est dû à un certain nombre de difficultés, dont l’absence de stades et d’espaces d’entraînement, le manque d’infrastructures dans les écoles à cet effet, etc.

Un deuxième élément qu’Abir regrette, c’est la « réticence des parents à l’égard des séances d’entraînement qui se déroulent à l’extérieur du camp ». Ils craignent, selon la jeune femme, « les dangers d’ordre sécuritaire, politique ou social ». Souvent aussi, ce sont les difficultés financières qui rendent compliquée leur accès à l’entraînement dans des clubs privés.

Abir a commencé sa voie sportive en jouant au karaté, grâce au soutien apporté par ses parents. De là, elle a adhéré à un club d’arts martiaux à l’extérieur du camp de Saïda. Son entraîneur l’apprécie pour sa détermination et son ambition. Ceci la pousse à participer au championnat du sud du Liban de Kyokushinkai, en 1991, tournoi qu’elle remporte. Même scénario lorsqu’elle se lance dans le Kickboxing et qu’elle sort victorieuse du championnat du Liban de 1997.

C’est enfin à la boxe thaïe qu’Abir s’est adonnée. Grâce à un entraînement continu, elle a pu participer au premier championnat arabe de Thaï Boxing, tenu au Liban en 2004. Tous les pays arabes ont participé à ce tournoi et Abir était la seule Palestinienne à s’y engager. Succès : elle termine deuxième en remportant la médaille d’argent de la compétition.

La situation des athlètes féminines palestiniennes ne diffère pas de celles d’autres réfugiées. Elles sont toutes victimes de négligence. Leurs talents ne sont donc pas appréciés comme il se doit. Malgré cela, les espoirs restent portés sur les initiatives de personnes comme Abir Hassan. Une figure de proue qui s’est frayé un chemin grâce à ses efforts, et qui tente aujourd’hui de transmettre son expérience aux filles des camps palestiniens.

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