Lire aussi

Maroc : les sports urbains se féminisent

« Fonder une école dédiée aux sports urbains », c’est cela le rêve de la rolleuse marocaine, Ibtissam Issofi. Cette dernière, a compris, bien assez tôt, la nécessité d’un tel établissement, pour encadrer les jeunes…

Joyce Azzam : Une Libanaise au sommet du monde

Joyce Azzam n’a pas choisi d’être alpiniste. « Cela s’est simplement fait ». Elle est la première femme libanaise et l’une des rares femmes arabes à avoir relevé le défi des 7 Sommets (Escalader les…

La femme koweïtienne … de fer !
Le championnat ouvert d’haltérophilie féminin au Koweït a révélé que ce pays arabe du Golfe dispose d’un bon nombre d’haltérophiles distinguées qui rivalisent avec leurs collègues féminines non pas au niveau régional mais au niveau asiatique. Ceci n’est pas le fruit du hasard, mais plutôt la récolte de plusieurs années de travail dans ce domaine, qui est à mettre au compte du Comité olympique koweïtien, qui par ailleurs souligne l’importance de la présence des femmes koweïtiennes dans toutes les activités sportives, y compris l’haltérophilie.

Même si l’État du Koweït est plus connu dans le domaine du football masculin sur l’échelle internationale, (le pays a atteint de la Coupe du monde du mondial de 1982 en Espagne), les femmes koweïtiennes sont devenues actives dans divers autres domaines sportifs, y compris le basket-ball, la gymnastique et l’haltérophilie. Le Koweït y occupe une position de premier plan aux niveaux asiatique et arabe, et les championnes koweïtiennes ont de nombreux titres et médailles de ce côté-là.

Revenons au Championnat ouvert d’haltérophilie féminin, qui a confirmé l’importance du travail systématique et de la stratégie effectuée par le Comité olympique koweïtien, le Comité des femmes du Comité olympique ainsi que la Fédération d’haltérophilie, qui affirme que les femmes représentent un pari d’avenir dans l’haltérophilie au Koweït. Une discipline qui a été depuis de nombreuses années représentée dans la mémoire collective comme un sport réservé aux hommes, et voilà que la femme y confirme sa présence dans le monde, que les femmes koweïtiennes marquent de leur présence également et confirment qu’elles ont des rêves et des ambitions.

Exploits des haltérophiles koweitiennes 

Examinons d’abord les résultats de cette session, qui représentera un espace propice de progression pour les femmes koweïtiennes. Susara Krizelda d’Afrique du Sud a remporté la première place pour le poids de 81 kg à la fin du championnat ouvert d’haltérophilie féminin qui a eu lieu dans la salle de la Fédération du club Al-Tadamon, tandis que Fatima Al-Balushi est arrivée deuxième. Shahd Al Hammadi a remporté la médaille d’or et la première place pour le poids de 87 kg, et Fatima Hussein est arrivée deuxième. Et pour les poids de plus de 87 kg, Hawra Al-Mousawi a remporté la première place et une médaille d’or, et Arwa Ahmed est classé deuxième.

Celui qui scrute la liste des gagnantes découvrira une longue liste de championnes koweïtiennes qui ont récolté médailles et trophées, marquant ce tournoi de leur présence et de leur nom, et pas seulement ce tournoi.

Shahd Bahbahani, présidente du comité des femmes de la fédération d’haltérophilie, dit que le niveau technique observé dans le championnat promet un avenir prospère pour le jeu, ajoutant que la participation dans ce championnat ouvert de 34 haltérophiles koweïtiennes, sud-africaines et costaricaines est la preuve de la propagation de ce sport chez les femmes de tous les âges. Bahbahani indique que le Comité des femmes koweïtiennes souhaiterait organiser de nombreux championnats internationaux féminins dans la période à venir, soulignant que la porte sera toujours ouverte à toutes les athlètes souhaitant rejoindre la discipline de l’haltérophilie, et qu’elles trouveront tout le soutien et l’assistance du conseil d’administration de la Fédération et du comité des femmes. Bahbahani a ajouté dans une déclaration spéciale : « Les femmes koweïtiennes ont pris une place très importante dans le domaine de l’haltérophilie, ce qui constitue l’aboutissement de plusieurs années d’un long processus de travail acharné, ainsi que de la stratégie mis en place par le Comité olympique et la Fédération koweïtienne d’haltérophilie, qui s’est préoccupée, depuis ses débuts, des femmes koweïtiennes. En effet, je peux confirmer que les femmes koweïtiennes ont été présentes et essentielles dans tous les championnats et les tournois olympiques auxquels le Comité olympique du Koweït et la Fédération d’haltérophilie ont participé.

Membre du Comité olympique koweïtien et Présidente du Comité des femmes, Fatima Hayat, a déclaré : « je suis fière de ce que les femmes koweïtiennes accomplissent dans tous les sports et en particulier l’haltérophilie, car les championnes koweïtiennes ont désormais leur place sur les podiums, ce qui nous rend fiers au Comité olympique, où l’on soutient les femmes koweïtiennes dans leur envol aux côtés de leurs frères koweïtiens. »

Fatima Hayat ajoute : « Le Comité olympique koweïtien met en place un ensemble de programmes en coopération avec un certain nombre de fédérations, y compris la Fédération koweïtienne d’haltérophilie, pour davantage de championnats et de participations locales, régionales et internationales, en plus de faire appel à des entraîneurs issus de pays distingués dans le domaine de l’haltérophilie à l’échelle l’internationale. »

La championne koweïtienne Shahd Al-Hammadi, qui a remporté la médaille d’or pour 87 kg, a déclaré qu’elle se sentait fière de hisser le drapeau de son pays, le Koweït, dans les championnats et les tournois internationaux d’haltérophilie. Et elle souhaite plus de participations, louant le soutien qu’elle reçoit de sa famille, ainsi que de la fédération et de ses collègues haltérophiles. Al-Hammadi réfute que l’haltérophilie est un sport difficile qui nécessite une grande force physique. Elle souligne que le corps d’une femme est capable de relever bien des défis et que c’est l’esprit qui travaille pour développer ses capacités et qu’à chaque morphologie correspond ses catégories, ses tournois et ses compétitions.

Le chef de la Fédération koweïtienne d’haltérophilie, Talal Al-Jassar, nous parle : « le Koweït est riche de nombreux talents et l’équipe féminine comprend des joueuses éminentes au niveau du Golfe et des pays arabes, ce qui souligne la volonté de la fédération de les aider à représenter leurs pays et à remporter des médailles dans les compétitions asiatiques et internationaux. Et pas seulement, car la fédération a mis en place un ensemble de plans qui évoluent tout au long de l’année et même malgré les précautions sanitaires auxquelles l’État du Koweït et le monde sont confrontés face à la pandémie, nous avons tenu à garantir des conditions sûres et saines pour les tournois, afin de continuer les entrainements en vue de participer à tous les championnats et tournois prévus dans le calendrier de la Fédération, à tous les niveaux, régional et international, et ce dans divers disciplines. La Fédération travaille également pour recruter des entraîneurs internationaux spécialisés dans cette discipline sportive. Et de telles réussites dans le dernier championnat nous rendent fiers et aussi plus motivés que jamais pour continuer le processus de développement afin de soutenir les championnes koweïtiennes dans le domaine de l’haltérophilie. »

Al-Jassar ajoute : « La Fédération koweïtienne d’haltérophilie a organisé en 2019 le premier championnat d’haltérophilie au Koweït, résultat du succès des championnes koweïtiennes au niveau local et international. Ce tournoi a servi de base sur laquelle les tournois et les championnats se sont poursuivis, permettant les prouesses de nos championnes koweïtiennes dont nous sommes si fiers. »

La capitaine de l’équipe nationale d’haltérophilie du Koweït, Layali Al-Kandari, affirme que la capacité des filles koweïtiennes à pratiquer l’haltérophilie est évidente au niveau des championnats koweïtiens, ainsi que leur capacité à bien représenter le Koweït dans les tournois étrangers. Al-Kandari a souligné que le sport préserve la santé et favorise une bonne condition physique, expliquant qu’elle conseille à toutes les filles koweïtiennes et arabes de pratiquer l’haltérophilie et d’autres sports présentés comme réservés uniquement aux hommes, car il n’existe pas de sports réservés aux hommes et d’autres aux femmes, le sport ne s’arrête ni au genre ni à l’âge. À la fin de sa déclaration, Al-Kandari a salué l’intérêt manifesté par la Fédération koweïtienne d’haltérophilie pour les femmes koweïtiennes.

Il reste à noter que les Jeux Olympiques d’été ont commencé pour la première fois en 1896 à Athènes, mais que la participation du Koweït aux Jeux n’a débuté que soixante-dix ans plus tard, lors des Jeux de 1968 à Los Angeles. Quant à la participation des femmes koweïtiennes, elle a commencé 36 ans plus tard, 104 ans exactement après le lancement des jeux pour la première fois, lors de la participation de Dana Nasrallah en athlétisme aux Jeux d’Athènes 2004. Puis les femmes koweïtiennes étaient absentes du tournoi suivant à Pékin, pour revenir au tournoi de Londres de 2012, avec la participation de la nageuse Faye Hussein et de la tireuse Maryam Arzouqi. La présence des sportives koweïtiennes ne se limite pas à l’haltérophilie, mais va au-delà de nombreux sports, et c’est ce que nous aborderons dans les prochains numéros.

Share on whatsapp
WhatsApp
Share on twitter
Twitter
Share on linkedin
LinkedIn
Share on facebook
Facebook
Share on email
Email