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Libye : le football en marche

Après des années d’interdiction et de difficultés dues à la situation sécuritaire en Libye, le football féminin libyen connaît un réveil salutaire et parvient enfin à se redresser. Ces dernières années, la Libye a réussi à s’imposer sur la scène sportive en se créant une place parmi les éliminatoires de la Coupe d’Afrique des Nations de 2016 et 2018. Le ministère en charge du secteur sportif s’apprête, dans ce sens, à élaborer la mise en place de tournois scolaires et universitaires afin d’encourager les jeunes filles au foot.
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Une aspiration vers l’idéal

Les conséquences de l’évolution du football féminin en Afrique du Nord se sont répercutées aussi bien sur la Fédération libyenne de football que sur les Libyennes désireuses de laisser leur empreinte dans la discipline sportive la plus populaire de la planète.

Le développement du football féminin en Libye constitue un atout pour la Fédération libyenne de football. Dans le futur proche, celle-ci tend à organiser des stages pour la formation de cadres féminins en coaching (l’entraînement), en arbitrage et en direction technique. Nombre de championnats locaux seront en outre mis au point pour préparer une équipe performante et compétitive.

Fondée en 1997, l’équipe de Libye féminine de football se voit interdire le jeu. Ce n’est qu’en 2000 qu’elle est autorisée à participer à la Coupe arabe de futsal à Oman. La joueuse libyenne, Hadhom Al-A’bed, y remporte alors le titre de meilleure buteuse.

Souad Al-Chibani, cheffe du comité du football féminin libyen, affirme que le pays connaitra une progression importante et significative du football : de nouvelles associations seront créées, telle l’académie al-Tawati. Plus encore, les jeunes libyennes pourront bientôt participer aux concours de football et aux stages de formation.

« Le comité féminin de la Fédération libyenne de football a donné ses instructions aux sous-comités pour l’ouverture des portes de l’admission. Cette démarche a pour objectif de promouvoir le football féminin et s’inscrit dans la lignée des directives de La Fédération Internationale de Football qui nous apporte son soutien financier et logistique » ajoute Al-Chibani, membre du conseil d’administration de la Fédération libyenne de football.

Un modèle exemplaire

En 2011, Racha Nouri s’impose comme l’un des piliers fondateurs de l’équipe libyenne de football dans les stades populaires. Au cours d’un match de lycée, elle attire l’attention des entraineurs par sa performance, ce qui lui permettra de rejoindre, par la suite, l’équipe nationale ; un parcours qui sera favorisée par l’appui de ses parents qui l’encouragent à vivre cette expérience. Les années passent et Racha Nouri parvient enfin, en 2017, à décrocher le permis C de la Confédération africaine de football.

Dans le même contexte, Nouri déclare dans un entretien avec Taja sport : « J’ai commencé la pratique du football en compagnie de mes frères et de ma famille. Ensuite, j’ai participé aux activités sportives à l’école ; c’est de là qu’on m’a choisie pour faire partie de l’équipe. Quand j’ai appris qu’il y avait une équipe nationale, mon amour pour le football et mon ambition ont grandi ».

Racha Nouri
Racha Nouri

Racha Nouri cherche à se consacrer à la formation des jeunes femmes et filles. Elle estime que si elle consacre son temps à cela, la Libye disposera d’une importante base de joueuses susceptible de constituer de fortes équipes nationales à l’avenir.

Elle ajoute dans le même sens : « Mon objectif, c’est d’encadrer les joueuses et de perfectionner leur talent. Nous œuvrons aussi pour la fondation d’associations sportives féminines et pour l’organisation d’une ligue générale de football ».

La mise en place d’une telle ligue générale aura pour effet de pousser la femme libyenne à aller de l’avant non seulement dans le monde du ballon mais aussi dans d’autres sports vers lesquels celles-ci aspirent dans le silence. Tous les espoirs reposent aujourd’hui sur le labeur de la Fédération libyenne de football dans la relance du football féminin, pour le débarrasser de l’emprise des traditions et coutumes qui interdisent à la femme l’accès au sport.

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