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Le rugby est souvent considéré comme un sport violent et rare dans les cercles sportifs irakiens. Cependant, cela n’a pas empêché l’émergence du nom de Lina Menhel, une athlète qui s’est imposée en tant que championne professionnelle dans cette discipline, brisant ainsi les restrictions stéréotypées qui empêchent certains de se diriger vers la pratique du rugby. Et notamment chez les femmes.
لينا منهل

Lina Menhel, âgée de vingt-deux ans, a confirmé à plusieurs reprises qu’elle avait la forme physique et sportive nécessaire pour se frayer un chemin en tant que professionnelle du rugby, même si certains pensent que ce jeu ne convient pas aux femmes.

Le rugby est un sport récent en Mésopotamie. Ce sport est entré en Irak en 2017. Depuis cette date, Lina Menhel a poursuivi sa formation avec son équipe féminine, composée de 14 joueuses, avec un autofinancement, sans aucun soutien du gouvernement ou des milieux sportifs officiels. L’un des obstacles qui les empêchent de s’entraîner sur une base hebdomadaire est leur incapacité à obtenir suffisamment d’argent pour payer les frais de réservation de gymnases ou de stades appropriés. « Notre entraîneur d’équipe, le Dr Abdallah Hazaa, et le reste du personnel d’entraîneurs doivent souvent payer la location du stade avec leur propre argent pour nous fournir un terrain d’entraînement approprié. Cependant, le manque de soutien officiel et continu nous pousse à être privé de formation sur une base régulière », explique Lina.

“Le ministre de la Jeunesse et des Sports Adnan Darjal a reçu les membres de l’équipe et le staff technique. Il s’est félicité de la naissance de ce sport en Irak et a promis d’apporter le soutien nécessaire. Cependant, nous n’avons pas encore reçu de soutien financier”, ajoute la joueuse irakienne. En l’absence de ce soutien, l’équipe féminine de rugby reste privée de la possibilité d’annoncer officiellement la formation du club et d’appartenir ainsi à une ligue et non à la fédération de rugby.

Le rêve de la consécration à l’international

Néanmoins, Lina Menhel et le reste de son équipe cherchent à participer à des matchs internationaux et à porter le drapeau de l’Irak aux championnats du monde. Elle confirme qu’elle et le reste des membres aspirent à « participer au championnat égyptien de rugby, mais les bailleurs de fonds ont décidé d’envoyer uniquement l’équipe masculine et celle-ci a obtenu la sixième place au niveau des équipes arabes ». La satisfaction ne pourra pas être complète sans la participation de l’équipe féminine aux championnats du monde, à l’instar de celle des hommes.

Lina Menhel attribue la raison pour laquelle l’équipe masculine a été choisie exclusivement pour participer au tournoi au fait que ses membres « ont acquis de l’expérience grâce à leur participation au dernier championnat organisé en Jordanie, alors que nous n’avons pas eu l’opportunité de participer à ce tournoi, et on a été privé de cette expérience ».

L’équipe masculine bénéficie actuellement du soutien financier du sponsor officiel, le Livon Center for Beauty and Hair Transplantation, qui a cessé de soutenir l’équipe féminine, faisant perdre la seule source de financement de cette dernière !

S’exprimant sur l’état du sport féminin en général en Iraq, la capitaine Lina affirme que « l’Irak dispose de talents sportifs distinctifs, mais les autorités officielles n’ont pas accordé aux sports féminins l’attention qu’ils méritent. Tout en notant que le Kurdistan irakien a réalisé une véritable percée dans le domaine du sport féminin, apportant aux joueuses un soutien matériel et moral ». Au moment où les équipes féminines du Kurdistan organisent des camps d’entraînement et des formations de perfectionnement, l’entraîneur de l’équipe de rugby à Bagdad est obligé de transporter les joueuses de chez elles au stade avec sa propre voiture, en l’absence d’un véhicule spécifique pour l’équipe.

Le manque de soutien financier pour le sport féminin ne se limite pas au rugby : les joueuses du Club Féminin de Football -Al-moustaqbal- achètent des équipements sportifs avec leur propre argent. Cependant, la situation n’est pas la même pour les deux anciens clubs Al-Zawraa et Al-kowat aljawiya, qui procurent un soutien financier complet aux équipes masculines et féminines.

Ce sport, malgré sa difficulté, n’a pas empêché la capitaine Lina de poursuivre ses études universitaires à la faculté d’éducation physique de l’Université de Bagdad. Bien que l’équipe féminine ait lancé le slogan « le rugby pour les deux sexes », la société irakienne est encore loin d’accepter ce sport chez les femmes. L’équipe de Lina Menhel est devenue l’objet de critiques de la part des cercles masculins. « Je reçois beaucoup de critiques sur les réseaux sociaux, mais ma famille me conseille toujours de ne pas répondre et de ne pas accorder d’importance à ces opinions rétrogrades. Beaucoup pensent que les femmes devraient rester à la maison, et ne doivent se soucier que des affaires de la cuisine ! » Cependant, l’ambition sportive et le courage de Lina pour faire face à ces objections et le soutien de sa famille la rendent aujourd’hui capable de relever ces défis sans crainte.

Malgré cela, cette vision masculine n’a pas empêché l’équipe féminine de rugby d’obtenir le soutien moral et les encouragements des milieux médiatiques, des organisations de la société civile et du reste de la communauté sportive.

En conclusion, la capitaine Lina Menhel adresse son message aux athlètes féminines irakiennes, « de ne pas renoncer à leurs ambitions, quels que soient les obstacles, et de continuer de progresser vers l’objectif qu’elles se sont fixée ». Elle espère également que les familles des femmes sportives apporteront un soutien continu à leurs filles, « tout comme ma famille le fait avec moi ».

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