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Khadija Illa : Le football féminin au Maroc a commencé dans les quartiers
Khadija Illa dirige la Ligue nationale de football féminin au Maroc depuis fin 2019. Elle a été la première femme à la diriger. Elle a accordé un entretien au magazine « Taja » pour parler de sa vision de l’avenir du football féminin au Maroc. Un pays où les traditions sociales et culturelles empêchent encore parfois les filles de pratiquer ce sport.
خديجة إلا
Photo Credits: Mohammed Bella

Comment votre histoire footballistique personnelle a-t-elle débuté ? 

Mon histoire personnelle avec le football est l’histoire d’une fille qui aime le sport sous toutes ses formes et qui brille dans la plupart des disciplines sportives. Mais le football avait la plus grande part d’amour et d’intérêt. J’ai commencé à jouer dans le quartier alors que je n’avais que sept ans. Après cela, je l’ai pratiqué à l’école, au collège et au lycée. Je proposais souvent d’organiser des tournois pour défier les autres écoles. J’ai toujours été la capitaine de l’équipe. Par la suite, c’est devenu un défi pour moi sur le plan personnel de réussir dans ce domaine. J’ai traversé de nombreuses étapes pour fonder une équipe, rechercher un sponsor, la diriger… Pour devenir aujourd’hui la première femme à diriger la Ligue nationale après que ma liste a été élue à l’unanimité fin 2019.

Quel est le rôle de la Ligue nationale de football féminin au Maroc ? Et quel est votre programme ?

Le rôle de la Ligue en général est de développer la pratique à la fois en quantité et en qualité. C’est-à-dire en termes de nombre de joueuses et par rapport à leur niveau de compétitivité. Pour cela, nous avons adopté une stratégie visant à créer un bon produit national (Championnat et Coupe), nous permettant d’assurer la continuité de la formation et la stabilité financière sur le long terme. Avec la Fédération royale, nous avons placé la composante humaine, les joueuses et les cadres au premier plan de nos priorités. Nous en avons également fait un véritable capital que nous développons par la formation et la garantie des droits et des devoirs.

Parlez-nous de l’histoire du football féminin au Maroc. 

Le football féminin au Maroc a commencé dans les quartiers. Là où de nombreux acteurs ont tenté de former des équipes dans les quartiers de nombreuses villes, pour marquer le début de l’histoire du football féminin vers 1998, date du lancement du championnat national par ligues. Au cours de l’année 2007-2008, un championnat national a été établi sur un système de deux zones, le sud et le nord, et la situation est restée ainsi jusqu’en 2019, lorsque nous avons eu un championnat national similaire à celui des hommes. C’est un rêve devenu réalité. Aujourd’hui, la saison est très marquée par l’intervention du président de la Fédération Royale Marocaine de Football, M. Faouzi Lakjaa, pour corriger la trajectoire du football féminin, et établir un championnat national professionnel avec tous les privilèges qu’il nous a accordés pour mettre le football féminin sur de bonnes bases dans notre pays. Quant à l’équipe nationale féminine, nous avons participé au championnat africain de football féminin en 1998 au Nigeria et en 2000 en Afrique du Sud, et nous espérons laisser une nouvelle empreinte avec ces nouvelles conditions établies par la fédération.   

Au début de cette année, les responsables des ligues régionales se sont réunis pour voir comment faire progresser le football féminin au Maroc. Quelles sont vos recommandations dans ce domaine ?

Pour développer le football féminin, le travail de base et de terrain doit inclure le plus grand nombre d’acteurs, c’est pourquoi le rôle des ligues régionales est très important dans ce processus. Nous saluons le soutien ininterrompu du président de la Fédération et le désir de coopération manifesté par les responsables des ligues régionales pour développer le football féminin dans le Royaume. Ce sont les partenaires incontournables du succès et nous remercions Dieu pour cette situation.

Vous avez récemment annoncé que vous pariez sur l’élargissement de la base de pratique du football féminin, comment comptez-vous y parvenir ? 

Tout le monde sait que les traditions sociales et culturelles empêchent de nombreuses filles de jouer au football. Ainsi que la peur de l’avenir incertain des joueuses. Par conséquent, la garantie d’études pour cette catégorie donne à la famille un peu de sécurité, car elle garantit l’avenir des joueuses en cas d’absence de carrière professionnelle. C’est pourquoi le projet « Etudes et Sports » adopté par la fédération Royale en partenariat avec le Ministère de l’Education Nationale est un facteur essentiel pour développer le nombre de joueuses dans le pays, ce qui contribuera grandement à l’atteinte des objectifs stratégiques envisagés.

Il existe aujourd’hui une stratégie pour faire progresser le football féminin : qu’en est-il de la mobilisation des médias pour mettre en valeur les talents féminins et couvrir les matchs locaux et nationaux ?

Les changements que le football féminin a connu cette saison et la forte augmentation du soutien que nous avons reçu nous donnent l’espoir que les médias seront braqués sur le football féminin bientôt. Nous commençons déjà à le voir avec l’attribution d’espaces médiatiques plus larges, pour parler de nos compétences nationales : à la télévision, à la radio et dans la presse écrite. Mais nous espérons aller plus loin. En retransmettant certains matchs, par exemple, et pourquoi pas le championnat national. Nous examinons cela. La stratégie mise en œuvre par la Fédération royale avec la Ligue nationale et les ligues régionales portera ses fruits. Les médias auront un rôle important à jouer pour orienter les joueuses vers ce sport et donner plus de rayonnement au football féminin. Nous espérons qu’il y aura une presse consciente et encourageante, pour mettre en valeur le jeu et les joueuses. 

Pourrions-nous voir l’équipe nationale féminine en Coupe du monde 2023 ?

Je pense que l’espoir est tout à fait permis. Nous avons de bonnes chances et nous souhaitons le meilleur à notre équipe nationale.

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