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L’Arabie Saoudite a été désignée, début octobre, pour accueillir les Jeux asiatiques d’hiver de 2029, dans la ville futuriste de Neom. Une décision qui a relancé le débat sur le sort d’un certain nombre de disciplines, dont les sports d’hiver, en Afrique du Nord et au Moyen-Orient.
les sports d’hiver
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Lors des deux derniers Jeux olympiques d’été et d’hiver, nous avons pu compter plus de 60 disciplines. Cependant, les sportives féminines d’Afrique du Nord et du Moyen-Orient n’y avaient pas participé. Eclairage.

Dans son rapport, la plateforme Topendsports a précisé que le nombre de disciplines sportives pratiquées dans le monde s’élève à plus de 200. Toutes ne sont pas connues dans la région, ou du moins, ne sont pas du tout pratiquées. L’on peut citer, à titre d’exemple le « Kabaddi », le « lancer de couteau », le « Korfball », etc. Mais aussi le patinage artistique et le ice-hockey. Pour ces deux dernières disciplines, des sportives féminines du monde entier ont concouru, à l’exception de celles issues de la région MENA. Une seule femme, a cependant pris part à la compétition de ski alpin. Il s’agit de la Libanaise, Manon Oueiss, qui a été classée 54e, parmi les 82 participantes, à l’issue de la compétition de ski alpin et 46e parmi 88 skieuses à celle du slalom.

Ce qui a principalement poussé Manon à se lancer dans ce sport, ce sont les montagnes libanaises qui scandent son pays natal, comme elle l’affirme dans une interview accordée à Taja Sport. Le Liban est connu pour ses monts allant de l’est à l’ouest. Beaucoup de filles et de femmes pratiquent ce sport dans le pays du Cèdre, surtout celles qui vivent à proximité des sommets.

Si au Liban, les conditions géographiques et environnementales sont réunies, quid des autres pays ?

Le nombre de femmes en Afrique du Nord et au Moyen-Orient a dépassé la barre des 170 millions. Elles sont pour la plupart âgées de moins de 30 ans. Certains ministères en charge du secteur sportif tentent de s’ouvrir à certaines disciplines non encore répandues dans la région. En 2015, les pays du CCG ont créé un comité d’organisation des Jeux d’hiver, initialement basé au Koweït.

Le pays susmentionné a été l’un des premiers de la région à créer une équipe féminine de hockey sur glace, en 2007. Dix ans plus tard, l’équipe féminine koweïtienne participe au Championnat international de hockey de Bangkok. Signalons, dans ce contexte, que le Koweït organisera le Championnat du monde féminin de hockey sur glace du 6 au 12 novembre 2022.

Les Emirats ont adopté la même voie. Aujourd’hui, Zahra Larry, athlète émiratie de haut niveau en patinage artistique, représente son pays. En outre, la Fédération des Émirats arabes unis de hockey sur glace est devenue membre à part entière de l’Union internationale de patinage. Cela fait suite à l’organisation du championnat de patinage artistique de l’Académie Fatima Bint Mubarak, en 2016.

 

Au Maroc, le secteur privé a inauguré une patinoire de 800 m² dans l’un des plus grands centres commerciaux de la capitale. Les amateurs de ski peuvent s’y déchaîner, en attendant que les montagnes soient recouvertes de neige en hiver.

Le président de la Confédération africaine de ski et sports de glisse, Hicham Ait Ouarchikh, a précédemment déclaré : « Le Maroc ne dispose pas de terrain de jeu pour pratiquer le patinage sur glace. Nous ne pouvons aménager un terrain de jeu dans des régions où les chutes de neige sont peu considérables ». Pour pratiquer ce sport, il faut une logistique et un équipement appropriés.

Tous ceux qui sont passionnés par le ski alpin au Maroc s’y lancent, surtout que c’est la seule discipline hivernale qui puisse y être pratiquée. Le pays ne compte que deux stations pour ce faire : celle d’Oukaimeden, située à 74 km de Marrakech et celle de Michlifen, qui se troube à 17 km de la ville d’Ifrane.

En Algérie, les montagnes de Chréa, constituent une zone potentielle pour les sports d’hiver, avec leurs sommets enneigés. Cependant, la route qui mène à la partie réservée aux skieurs, dans la région de Blida, à 70 km de la capitale algérienne, est dangereuse. Les virages y sont nombreux, sans parler de la densité du brouillard qui rend le paysage à la fois impressionnant et périlleux.

Somme toute, bien que certains pays de la région MENA œuvrent à participer aux Jeux d’hiver et risquent d’y parvenir, grâce à leurs capacités de financement ou à leurs conditions géographiques, il n’en demeure pas moins que de nombreux autres pays se tiendront loin de ces compétitions. Difficile de rencontrer des participantes de la région MENA cette année, voire en 2029.

 

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