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Radia Fertoul, la footballeuse devenue la première sélectionneuse de l’équipe nationale féminine algérienne
Radia Fertoul est la première femme à diriger une équipe nationale dans l’histoire du football en Afrique du Nord et au Moyen-Orient. La footballeuse algérienne tient aujourd’hui les rênes de l’équipe féminine de son pays, après une longue carrière pleine d’exploits sportifs. La Coupe Arabe des Nations (Dames), qui se déroule actuellement en Egypte, est la première expérience internationale pour Fertoul en tant sélectionneuse de l’équipe algérienne féminine.

D’abord, qui est Radia Fertoul et comment êtes-vous entrée dans le monde footballistique ?

Je suis passionnée par le football depuis mon enfance. J’étais joueuse internationale avec la première équipe algérienne formée en 1997. Aussi, j’ai obtenu plusieurs diplômes dans le domaine sportif en Algérie, et je travaille en tant qu’experte en football féminin au sein de la Confédération africaine de football. J’y donne des cours et des conférences pour former et préparer des sélectionneuses d’équipes féminines. J’ai aussi travaillé en tant qu’entraineur adjointe pour l’équipe nationale algérienne junior en 2007.  J’étais la première femme membre de la Fédération algérienne de football, et ce pour deux sessions consécutives. Pendant celles-ci j’étais responsable du football féminin et j’ai créé le premier club de football féminin à Constantine.

Comment êtes-vous devenue la sélectionneuse de l’équipe féminine algérienne ? 

J’ai travaillé comme entraîneur adjointe depuis 2007 et pendant trois ans dans l’équipe nationale junior féminine. De plus, en 2008, j’ai été nommé entraineur adjointe de l’équipe nationale algérienne Dames. Mon travail a convaincu l’ancienne direction de la Fédération algérienne pour me nommer sélectionneuse de l’équipe nationale Dames depuis 2018.

Quels sont les difficultés que vous avez rencontrées durant votre carrière en tant que joueuse et en tant que sélectionneuse ? 

Ma carrière a démarré avec beaucoup de difficultés, dont la plus importante était de convaincre ma famille de jouer au football. D’autant plus que j’ai huit frères. C’était très difficile de les convaincre. Mais grâce à mon talent, la famille a commencé à accepter. Surtout que j’ai rapidement intégré la première équipe féminine algérienne de football en 1997. Le grand défi pour nous, en tant que femmes qui pratiquons le sport, reste toujours l’acceptation de la société. En plus de convaincre les familles des joueuses de les laisser pratiquer le sport en général.

En évoquant le regard de la société, comment est-ce que les algériens ont accepté votre nomination à la tête de l’équipe nationale ? Quid des réactions régionales ? 

En Algérie, grâce à dieu, je jouis d’une bonne réputation dans le domaine sportif. Surtout, après une carrière de plus de vingt-sept ans dans le football féminin. J’ai remporté de nombreuses victoires en tant que joueuse et en tant que sélectionneuse. Il y a un suivi permanent de Radia Fertoul notamment dans les médias. Ceci me pousse toujours à essayer d’être à la hauteur des attentes de chacun, et de tout faire pour développer football féminin.

Comment évaluez-vous la situation du football féminin algérien en particulier et arabe en général ?

Il y a une amélioration assez significative en ce qui concerne le football féminin algérien. Surtout durant les dix dernières années. Avant cela, il n’y avait aucune régularité dans la tenue du championnat national de football féminin par exemple. Mais depuis 2011, et jusqu’à aujourd’hui, il y a une nouvelle orientation et une politique importante de la Fédération algérienne. En tête des priorités de cette dernière, figure le développement du football féminin. Nous avons d’ailleurs aujourd’hui plusieurs tournois régionaux pour le football féminin des différentes catégories d’âge.

De plus, la Fédération algérienne encourage le secteur de l’investissement sportif à créer des écoles de football féminin. Cela a eu un impact important sur la diffusion du jeu et l’élargissement de la base de ses pratiquantes. Dans le monde arabe, je pense que l’Union des associations arabes a une grande responsabilité pour développer le football féminin. Pour cela, il faut intensifier l’organisation des tournois pour les différentes catégories d’âge. Surtout les juniors, parce que la nouvelle génération représente l’avenir du football féminin dans le monde arabe.

Que pensez-vous de cette troisième édition de la Coupe Arabe Féminine ? Quelles sont les aspirations de l’équipe nationale algérienne ?

Il est clair que l’Union des Associations Arabes de Football a beaucoup de mérite pour l’organisation et la tenue de ce tournoi. C’est une belle opportunité pour préparer et former les équipes arabes, avant d’entrer dans les compétitions continentales et régionales. Surtout après une période difficile que le monde entier a traversée en raison de la pandémie. Quant à l’équipe nationale algérienne, pour la première fois de notre histoire, nous participons avec un effectif complet de joueuses locales à un tournoi international, après un an et demi d’arrêt complet du football féminin en Algérie. Notre objectif est d’améliorer le niveau des joueuses. Ce tournoi est pour nous la meilleure préparation avant les qualifications africaines en octobre et avril prochains.

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