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Stéphanie Al-Naber : son dévouement sans limites pour le football jordanien

L’histoire de Stéphanie Al-Naber avec le football a commencé dès l’enfance. Ayant grandi au sein d’une famille amatrice de sport, elle sera encouragée sur cette voie, qui la conduira, quelques années plus tard, à intégrer la sélection nationale féminine de Jordanie. Au terme d’une carrière nationale et internationale réussie, la footballeuse tire sa révérence, ayant atteint la trentaine. Néanmoins, elle œuvre toujours pour la cause des sports féminins, en dehors du terrain. Son objectif présent consiste à développer le football féminin jordanien et à inciter la nouvelle génération à reprendre le flambeau. La Jordanienne avait 15 ans lorsqu’elle a foulé pour la première fois la pelouse, en tant que joueuse professionnelle.
ستيفاني النبر
AMMAN, JORDAN - APRIL 5: The Captain of the Jordanian Womens National Football Team, Stephanie AlNaber, 30, poses for a portrait on April 5, 2018 at Amman Stadium in Amman Jordan. AlNaber is one of the pioneers who started professional womens football in the Hashemite Kingdom of Jordan. The Women's National Football Team has come a long way to get to the point where they are now. The heart of the team is formed by the very women, now only 30 years old, who were the first to play professional football in Jordan in 2005. At that time, football was generally not considered a sport suitable for girls in Jordans conservative society. Through perseverance and will power and with the support of their parents and HRH Prince Ali Bin Hussein, the women pursued what they love, challenged popular gender perceptions in Jordan and transformed their society. 13 years later, in 2018, girls playing football is considered as normal. (Photo by Maja Hitij/Bongarts/Getty Images)

Stéphanie, son frère et sa sœur ont tous les trois pratiqué le football. Seule elle a joué avec l’équipe de son quartier et c’est à l’école que son destin s’est scellé au football. « Quand j’étais en classe de quatrième, l’entraineur de l’équipe féminine scolaire m’a convoquée et m’a proposé de rejoindre le groupe. À l’époque, je jouais avec des filles plus âgées que moi. Elles avaient entre 17 et 18 ans », se rappelle Stéphanie Al-Naber.

Dans la société jordanienne, les us et coutumes laissent peu de chances aux jeunes filles de réussir sportivement. « Je suis très reconnaissante envers mes parents ! Sans leur soutien, je n’aurais jamais pu réaliser tout cela et je n’aurais sans doute jamais atteint ce niveau. Mon père adore le football, raison pour laquelle il a appuyé mon choix pour ce sport. Quant à ma mère, elle était intransigeante sur l’importance des études. Mais lorsqu’elle s’est assurée de mon sérieux à l’école, elle n’a pu que m’encourager aussi à prendre le ballon », se remémore l’ancienne jordanienne reconnue internationalement.

Stéphanie Al-Naber : son dévouement sans limites pour le football jordanien

C’est ainsi que, parallèlement à ses études, Stéphanie a commencé à bâtir sa carrière sportive. Elle fait partie des joueuses qui ont vu naitre le football féminin en Jordanie. « À l’université, on jouait dans des équipes de foot five. Après mon expérience au sein de l’Orthodox Club, j’ai signé, en 2004, mon adhésion au club Shabab Al-Ordon. Avec cette équipe de cœur, j’ai accompli plusieurs victoires. Cependant, les difficultés financières ont fait que ce club disparaisse. Mon dernier championnat avec Shabab Al-Ordon s’est tenu en 2018 ».

L’année 2004 est singulière pour Stéphanie, époque durant laquelle le premier championnat de football féminin de Jordanie a été lancé. Epoque au cours de laquelle aussi et, dans la foulée, une équipe nationale féminine a vu le jour. « Mon rêve s’est réalisé avec la création de l’équipe nationale Dames. J’ai éprouvé un bonheur indicible et ma sélection n’en était pas l’unique raison. Nous avions enfin pu former une équipe nationale féminine », confie Stéphanie.

Le talent de la footballeuse jordanienne s’est exporté au-delà des frontières de son pays. En 2009, elle s’envole au Danemark pour jouer avec Fortuna Jöring, alors encore étudiante. « J’ai obtenu un transfert à l’Université d’Aalborg pour poursuivre mes études en plus de l’exécution de mon contrat pro en club. Cette expérience, qui a duré un an, a été pour moi enrichissante. Je suis passée de la Jordanie où le foot féminin était à ses prémices, à un pays où ce sport connaît déjà son succès », explique Al Naber.

Stéphanie Al-Naber : son dévouement sans limites pour le football jordanien

Après son expérience danoise, Stéphanie a rejoint le championnat libanais en 2014, avant d’intégrer un club émirati en 2017. Elle signe son retour au pays en 2018, prenant part à la dernière compétition de l’histoire de Shabab Al-Ordon. En 2019, elle dispute son ultime match avec la sélection jordanienne.

Stéphanie Al-Naber a annoncé son départ à la retraite en 2020, année marquée par le début de la crise sanitaire mondiale liée à la pandémie de la covid-19. Une cérémonie d’adieu et un match de fin de carrière ont été organisés pour l’occasion, en présence de l’équipe nationale féminine et de stars arabes. L’événement a eu lieu au stade de Pétra. Interrogée sur les raisons qui ont motivé sa décision d’arrêter, celle-ci a déclaré : « La question allait se poser tôt ou tard. J’ai voulu y procéder durant ma période de gloire. J’ai concrétisé toutes mes ambitions avec l’équipe nationale, à l’exception de la qualification à la Coupe du Monde Dames. Toutefois, je suis convaincue que la nouvelle génération de joueuses y parviendra ».

Stéphanie Al-Naber travaille désormais pour la Fédération de Jordanie de football en tant que membre de la commission exécutive et présidente du comité féminin. « Aujourd’hui, ma mission consiste à faire évoluer le football féminin en Jordanie. Grâce au sport, les jeunes filles peuvent s’offrir un bel avenir et réaliser beaucoup de choses », conclut Stéphanie Al-Naber.

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