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Equitation – Avec ses huits chevaux, Benslama est imbattable

En Afrique du Nord et au Moyen-Orient, rares sont les femmes qui pratiquent l’équitation. Nourhane Benslama fait partie de ces Tunisiennes qui ont rompu avec cet adage, pour devenir l’une des cavalières les plus redoutables de la région. Qui est-elle ? Comment son aventure équestre a-t-elle commencé ? Retour sur le parcours exceptionnel de Nourhane Benslama !
الخيول

Le poids du patriarcat et des coutumes sociétales conservatrices n’a pas empêché la Djerbienne de réaliser son rêve de monter à cheval. Mieux encore, Nourhane est aujourd’hui l’heureuse propriétaire d’un club équestre dans sa ville natale, à Djerba. Dans son écurie, elle transmet sa passion à de nombreuses jeunes tunisiennes qui partagent sa passion pour l’équitation.

Son aventure équestre a commencé à l’âge de 17 ans. Très vite, Benslama impose sa présence et son style dans ce milieu, habituellement réservé aux hommes en Tunisie.

Mais pour y parvenir, la cavalière raconte avoir bataillé aux côtés d’autres jeunes femmes pour casser les codes et lever les barrières. Un défi que ces Tunisiennes ont relevé avec succès, puisque désormais, elles participent dans les compétitions, au même titre que les hommes.

Des débuts compliqués

Nourhane Benslama a également expliqué qu’elle a rencontré un certain nombre de difficultés à ses débuts. Pour ses proches, il était inconcevable qu’elle monte à cheval. Cependant, la jeune fille s’est accrochée à son rêve et, avec le soutien de ses parents, elle a surmonté les épreuves et les regards réprobateurs de la société.

Ainsi, Nourhane est la première des membres de sa famille à devenir cavalière. Par ailleurs, cette dernière assure qu’elle est l’unique femme à conduire le cheval mieux que certains de ses rivaux masculins, dans sa région. Benslama performe dans des festivals et Fantasias (art équestre traditionnel au Maghreb), mais sa participation se limite à quelques villes, où être femme cavalière est toléré.

Equitation - Avec ses huits chevaux, Benslama est imbattable

Elle est fière d’avoir su affronter les préjugés et les traditions patriarcales qui freinent les femmes et invisibilisent leurs talents. Propriétaire de huit étalons, Nourhane a prouvé aux sceptiques qu’elle était parfaitement capable de gérer seule son écurie et de prendre soin de ses chevaux.

Un savoir-faire à transmettre

À seulement 25 ans, la Tunisienne maitrise sur le bout des doigts son activité équestre : dressage, toilette, saut d’obstacles, etc. C’est donc tout naturellement que la jeune propriétaire du club Dar Djerba, a entrepris de partager son savoir-faire en formant et en entrainant les cavalières et les cavaliers du futur.

Dans son écurie, Nourhane Benslama accompagne les passionnés du cheval depuis leur jeune âge jusqu’à atteindre le stade de la professionnalisation. Son objectif est de promouvoir les sports équestres et les rendre plus accessibles aux jeunes filles.

Étape par étape, la cavalière apprend à ses disciples l’art de monter à cheval. Dans ce domaine, l’improvisation n’a pas lieu d’être ! C’est pourquoi Nourhane Benslama dédie ses premières séances à l’acquisition des bons gestes et des bases indispensables en équitation.

Quand la passion l’emporte

« Je suis très chanceuse de travailler dans un domaine que j’aime », a déclaré Nourhane à Taja Sport. Et de souligner que l’équitation est une passion familiale et que cet héritage fait partie de son ADN. « Les chevaux sont ma deuxième famille et mes meilleurs amis », a-t-elle ajouté.

Petite, c’est aux côtés de son frère qu’elle s’initie à ce sport et noue une forte relation avec les chevaux. Il avait pour habitude de l’emmener avec lui lors de ses promenades à cheval. À 17 ans, c’est toujours sous l’aile de son frère qu’elle se lance dans l’équitation.

En parallèle, la jeune femme a poursuivi ses études jusqu’à l’obtention de son diplôme universitaire en architecture. Elle entame une courte carrière dans ce domaine, son amour pour l’équitation ayant pris le dessus. « J’ai commencé ma carrière professionnelle dans l’architecture, mais ma passion pour les chevaux m’a poussée à démissionner de mon travail pour me consacrer à la réalisation de mon rêve de fonder un club équestre et faire connaitre ce sport à Djerba, ainsi que dans tout le pays », se souvient Nourhane.

Émue, la cavalière ne cache pas son émotion en parlant de son parcours et de ses huit chevaux, qui lui ont permis de s’affirmer et de gagner en assurance.   Aujourd’hui, son ambition est de représenter le pays du jasmin dans des compétitions équestres arabes et internationales.

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