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En 1998, Al Tayaran a fondé son équipe féminine de football. La même année, le club égyptien participait à la première édition de la ligue féminine locale. Pendant longtemps, cette équipe mythique du football féminin a fourni aux sélections nationales égyptiennes, les meilleures joueuses du pays, dans toutes les catégories d’âge.
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Alors que les dames d’Al Tayaran ont marqué l’histoire du ballon rond, notamment en remportant le titre du Premier League (2018/2019), le club semble survoler une zone de turbulence depuis un certain temps. Qu’est-il arrivé à Al Tayaran ? Le club a-t-il toujours sa place sur la scène du football féminin égyptien ?

Al Tayaran a toujours été un adversaire redoutable en Premier League Dames. Sur 18 participations, le club égyptien a décroché une fois le titre de la compétition et s’est classé dix fois à la deuxième place. D’un autre côté, l’équipe féminine junior a remporté de nombreux championnats au cours de ces deux dernières décennies.

Cependant, depuis sa victoire au championnat de 2019, le niveau de l’équipe est en chute libre. Le conseil d’administration du club a même envisagé de dissoudre sa section féminine, en réaction à l’échec des dames d’Al Tayaran, sur qui planait le risque de relégation en deuxième division.

La raison de cette débâcle serait financière, selon le capitaine Abdel Nasser Nassar, entraîneur de l’équipe et l’un des fondateurs de la section de football féminin d’Al Tayaran Club. « La récente baisse des résultats de l’équipe est, en grande partie, due aux faibles moyens financiers mis à notre disposition. »

Cette année, le conseil d’administration du club a fixé le budget annuel à moins de 14.000 $ pour le football féminin. Le compte est loin de suffire aux besoins du club. D’autant plus que le montant alloué devra couvrir les dépenses de l’équipe première, des jeunes, ainsi que des juniors. « J’ai un effectif de 20 joueuses sur la liste de l’équipe cette saison. Huit d’entre elles seulement sont appelées pour disputer les matchs. Pour compléter mon 11 de départ, je puise dans l’équipe de réserve », explique le coach d’Al Tayaran.

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S’agissant des revenus des joueuses, ce dernier indique : « L’argument financier m’a fait perdre deux de mes meilleures joueuses, qui se sont laissées séduire par les offres alléchantes des nouveaux clubs. Noura Khaled a signé avec les Pyramids FC et Mirna Mohsen a rejoint les rangs du Tutankhamun. Dans ces équipes, les joueuses perçoivent un salaire mensuel fixe pouvant aller jusqu’à 200 $, à un moment où la rémunération la plus élevée d’Al Tayaran ne dépasse pas les 55 $ par mois. Et encore, seules deux footballeuses d’Al Tayaran sont payées ainsi. »

L’Arabie Saoudite :  le nouvel eldorado des footballeuses égyptiennes

Les compétitions de football féminin s’organisent toujours dans un cadre amateur en Égypte. Cela a poussé de nombreuses joueuses talentueuses, aussi bien d’Al Tayaran que d’autres clubs, à quitter la Ligue égyptienne pour évoluer en Arabie saoudite. En effet, le royaume de la péninsule arabique a lancé son premier championnat de football féminin professionnel en 2022.

Ces défaillances organisationnelles et financières ont entraîné des conséquences directes sur Al Tayaran club. « Du jour au lendemain, j’ai perdu la plus importante joueuse de la saison actuelle. Iman Hassan a accepté de s’expatrier pour jouer en pro dans le championnat saoudien. Là-bas, elle touche un énorme salaire, près de 2 000 $ par mois. Cela équivaut au budget annuel dont je dispose pour gérer l’ensemble de mon équipe », relate le coach égyptien.

Ce n’est pas tout. Le capitaine Abdel Nasser Nassar révèle à Taja Sport que « le club n’a reçu aucune compensation financière pour le transfert de ses joueuses, car la Fédération égyptienne de football n’a pas encore commencé à recourir à des contrats professionnels pour le football féminin. »

Cette année, les dames d’Al Tayaran déçoivent en Premier League égyptienne, se classant à la 10e position sur 12 équipes participantes. « L’équipe est devenue juste un tremplin, qui attire des joueuses de différentes régions, dans le but de se faire remarquer auprès d’autres clubs plus lucratifs », regrette l’entraîneur du club féminin.

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Afin de rééquilibrer la balance budgétaire et sauver le club, la direction d’Al Tayaran a concédé un contrat de partenariat avec un investisseur. Mais devant les importantes pertes financières subies, l’investisseur a décidé de rompre l’accord.

Al Tayaran : l’inévitable dissolution ?

En Égypte, Al Tayaran n’est pas le seul club féminin en crise. On retrouve des conditions similaires dans d’autres équipes, à l’instar d’Al Teram, Joumhouriyet Chapin et bien d’autres. La Fédération égyptienne de football n’ignore pas la situation alarmante dans laquelle se trouve le football féminin. Alors, que fait la plus haute instance du football égyptien pour éviter le naufrage de ces clubs ?

Selon le capitaine Abdel Nasser, « la FIFA accorde une enveloppe de 500 000 $ par an à la Fédération, pour développer le football féminin. C’est une somme énorme, mais les clubs n’en reçoivent que les miettes. Les fonds et le soutien vont toujours aux sélections nationales. Quant aux clubs locaux, qui sont les principaux pourvoyeurs de talents pour l’équipe nationale, personne ne leur prête attention. »

D’année en année, le club féminin d’Al Tayaran s’enfonce dans une crise insurmontable. Le constat est amer et à ce stade, le club espère obtenir l’aide de la Fédération égyptienne de football ou du ministère de la Jeunesse et des Sports. À défaut d’une solution viable, la dissolution semble inévitable.

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