N°2 : Juillet – Décembre 2021
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Maha Barghouthi : le handicap n’occulte pas les rêves
Le handicap de Maha Barghouthi, ancienne championne paralympique de tennis de table et actuellement secrétaire générale du Comité paralympique jordanien, ne l’a pas empêchée de relever des défis ni d’avoir une carrière sportive diversifiée et réussie. En 1995, elle bat le record mondial en remportant le 200 mètres en fauteuil roulant, en Allemagne. Cinq ans plus tard, s’engageant dans le tennis de table individuel lors des Jeux paralympiques qui se sont tenus à Sydney, en Australie, Maha gagne la première médaille d’or au nom de la Jordanie.
Maha Barghouthi

La joueuse de tennis de table préfère l’emploi du terme « handisport » à celui de sport « pour personnes à besoins spécifiques », davantage utilisé de nos jours. Pour Maha, la terminologie fait toute la différence. En effet, le mot « handicapé » est assez vaste. « Les personnes diabétiques sous traitement médical sont considérées comme ayant des besoins spécifiques. Mais lorsqu’il est question de personnes à mobilité réduite, le concept est plus précis », explique Maha.

La joueuse a été diagnostiquée de poliomyélite dès son jeune âge, bien après sa naissance. Son handicap était sévère. « Malgré le manque d’informations à ce sujet à cette époque, mes parents ont tout essayé. Ils ont fait des mains et des pieds pour m’aider. Ils m’ont appris qu’il ne servait à rien de centrer son énergie sur les problèmes, plutôt de l’axer sur la recherche des solutions », se souvient-elle.

La course en fauteuil roulant a marqué le début de la carrière de Maha Barghouthi. En effet, son perfectionnement athlétique lui a valu une place pour les courses des 200 et 400 m en fauteuil roulant. « Nous nous entraînions dans les rues d’Amman, ce qui nous a aidés à sensibiliser les gens sur la question des athlètes handicapés. Je n’ai jamais perçu mon handicap comme une entrave à la réalisation de mes rêves. Je me concentre sur mes objectifs et veille à les atteindre », raconte Maha.

Sa carrière avec le tennis de table a commencé en 1998. Elle enchaînait les entrainements après ceux de la course en chaise roulante. « La sévérité de mon handicap a fait que je sois classée en Catégorie 1. Mais je jouais souvent avec les Catégories 2, 3 ou même 4, et je gagnais. Le sport a affiné ma personnalité et m’a appris à m’ouvrir aux autres et à toujours garder le sourire. Je ne blâme pas la société et ne la tiens pas responsable de mon handicap et de ses tenants et aboutissants », confirme Maha.

Les nombreuses compétitions internationales auxquelles Maha a participé ont facilité sa qualification pour les Jeux paralympiques de Sydney en 2000. Pendant les compétitions, elle avait une bonne prise de raquette et insistait pour jouer contre des joueurs plus performants qu’elle. « Je jouais avec mon esprit plus qu’avec mes mains et cela m’a aidée. Je planifiais chaque geste et cherchais les faiblesses chez mes adversaires. Les Jeux paralympiques sont le plus grand événement sportif dont un athlète en situation de handicap peut rêver. Je vous laisse imaginer ma joie lorsque j’ai remporté la médaille d’or. J’ai hissé le drapeau de mon pays en tant que première femme jordanienne et arabe à remporter une médaille en tennis de table aux Jeux Paralympiques », relate la championne.

La victoire de Maha a fait l’objet d’un grand intérêt médiatique. Le roi Abdallah II lui a aussi adressé une lettre de félicitation. Elle a ensuite été reçue au parlement jordanien à son retour d’Australie. Des moments émouvants pour la fille d’un ancien député.

Ce succès, Maha en a profité pour mettre en lumière la situation des personnes en situation de handicap en Jordanie. « Aujourd’hui, le comité paralympique comprend beaucoup de filles. Il existe également différentes fédérations avec des athlètes à mobilité réduite, tous sports confondus », déclare fièrement la secrétaire générale du Comité paralympique jordanien.

C’est ainsi que Maha Barghouthi poursuit sa mission aujourd’hui, en apportant son soutien aux athlètes en situation de handicap en Jordanie. Sa longue expérience fait d’elle une référence sportive dans son pays et dans toute la région.

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