N°2 : Juillet – Décembre 2021
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Roussul Salah : la championne poussée par sa curiosité pour le kyokushinkai
Le kyokushinkai fait partie des arts martiaux sportifs les plus violents et les plus dangereux. De nombreux athlètes l’évitent, préférant le karaté, la boxe ou d’autres sports d’arts martiaux typiques. Néanmoins, l’équipe de Taja Sport s’est rendue à Bagdad pour soutenir la championne irakienne de kyokushinkai. Roussul Salah a choisi de s’engager dans une telle voie, qui n’est pas sans danger !

La passion de l’athlète pour cette discipline est née en 2017, lorsqu’elle a accompagné sa sœur aînée à son entraînement. Avec le temps, ce penchant s’est transformé en une véritable ambition. Poussée par la détermination et la persévérance, elle remporte des titres importants sur le plan national et s’approprie le titre de championne arabe de kyokushinkai.

Le Championnat arabe de 2021, organisé à Beyrouth, a constitué un changement radical pour Roussul. Elle raconte à ce propos : « Quand je suis arrivée dans l’arène des combats, j’ignorais complètement les niveaux atteints par les pays arabes en kyokushinkai, ce qui m’inquiétait un peu ». Et d’ajouter : « Grâce aux encouragements de mon entraîneur, Asef Mohamed, et à son soutien psychologique et moral, cette inquiétude s’est transformée en motivation et en ambition ». C’est alors que Roussul commence à accumuler les points à l’issue des multiples combats menés.

Le temps passait et Roussul Salah a réussi à prouver au monde entier que les athlètes irakiennes sont capables de se distinguer dans le monde du sport. De retour à Bagdad avec le titre de championne arabe de kyokushinkai, elle se dit fière d’avoir participé au championnat à ses propres frais, sans aucune aide financière.

En l’absence d’appui financier

Roussul n’a bénéficié d’aucun soutien financier de la part des autorités compétentes. Toutes les dépenses, à savoir le billet d’avion, le loyer de l’hôtel et les frais quotidiens étaient à sa charge. « Mes collègues qui étaient qualifiées pour disputer le tournoi et y participer au plus haut niveau n’ont pas réussi à poursuivre leur entraînement au Liban. Leurs conditions financières ne le leur permettaient.

A cause du manque de moyens, le nombre des membres de l’équipe féminine irakienne était réduit par rapport à celui d’autres pays. Un obstacle qui n’a pas empêché les Irakiennes de hisser haut la coupe du Championnat arabe.

« Nous sommes rentrées avec la plus grande fierté et le plus grand bonheur. Malheureusement, personne ne nous a reçues. Aucun accueil du public ou des médias n’avait été prévu », déclare tristement Roussul Salah.

 

Leur tenue vestimentaire, cible de critiques

Pendant la pandémie de la Covid-19, en raison de la fermeture des gymnases, Roussul Salah était contrainte de poursuivre son entraînement dans les jardins de la rue Abu Nawas, au centre de Bagdad. Ce changement de cadre l’a incitée à vêtir sa tenue de sport avant de quitter la maison, car il était impossible de changer de vêtements dans un parc public.

A chaque fois qu’elle sortait, elle devenait la cible de méchantes critiques et de mots blessants, parce qu’elle enfilait une tenue pour arts martiaux. « J’aurais pu répondre à toutes ces personnes, mais j’ai préféré me taire et continuer mon chemin. Afin d’éviter de telles paroles, j’ai décidé de m’isoler auditivement grâce à mes écouteurs », conclut Roussul.

De nombreuses femmes irakiennes qui veulent pratiquer du sport sont confrontées à de tels obstacles. Le message que Roussul Salah cherche à faire parvenir aux athlètes de son pays et du monde entier est le suivant : toutes les femmes ne doivent cesser de chercher à réaliser leurs rêves. Elles ne doivent pas non plus être découragées par les difficultés qui pourraient se présenter à elles, puisque le sport féminin n’est pas contraire aux valeurs et aux normes sociales.

 

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