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Will Mbiakop : Le sport féminin est un pari économique gagnant
Will Mbiakop réside en Afrique du Sud depuis maintenant six ans où il travaille pour la NBA sur le continent africain. D’origine marocaine et camerounaise, il a grandi en France et est aujourd’hui le Senior Director pour la NBA Africa et a pour rôle de développer les relations de la NBA avec les institutions publiques et les gouvernements sur le continent africain.
Sven Mieke - Unsplash

Miser sur le sport féminin est-il un pari économique gagnant aujourd’hui ?

Oui. Il nécessite cependant pas mal de prérequis. Cette question anticipe la question de l’autonomisation économique des femmes par la suite. Le sport féminin est un pari économique gagnant sur plusieurs aspects : l’aspect élite donc le sport professionnel mais surtout l’aspect du sport de masse/du sport pour tous. Rappelons un élément de base : la moitié de l’humanité est féminine, donc vous ne pouvez pas mettre de côté potentiellement 50% des consommateurs sur un marché.

Le sport peut-il être considéré comme un outil d’autonomisation de la femme d’un point de vue économique et sociétal ?

Le sport doit être un outil d’autonomisation des femmes. La femme africaine si l’on voit les rapports de la banque mondiale, est l’une des femmes les plus actives au monde. Le taux de représentation dans la population active est très important que cela soit dans le monde « formel » (travail déclaré) ou « informel » (travail non déclaré). Le sport contribue à peu près de 2 à 3% du PIB mondial. La majorité de cet argent est générée par l’Occident (Amérique du Nord et Europe), l’Afrique et le Moyen-Orient contribuent peu d’un point de vue économique mais fournissent beaucoup de talent à l’Occident. Le sport africain contribue à 0,5% du PIB de l’Afrique donc il y a un gap important.

Les opportunités sont importantes et nombreuses à saisir sur le continent africain, les femmes y sont prédisposées à les saisir. Le sport n’est qu’un autre secteur d’activité qui amplifiera ces opportunités et donnera davantage de place à la femme pour s’épanouir d’un point de vue économique et sociétale. 

 

La coupe du monde de football féminin a montré l’intérêt réel du public pour le sport au féminin. Et selon un rapport de GWI, 60% des fans de sport suivent le sport au féminin. Est-ce que cela veut dire que le marché des droits de diffusion du sport au féminin va commencer à se développer ?

Oui absolument. Les droits télévisuels et les droits médias vont se développer et cela va continuer à se répandre. L’opportunité est double pour le sport féminin puisque, contrairement au sport masculin on est encore au tout début. Ce que nous offre aujourd’hui la technologie et l’innovation est incroyable. L’offre de contenu média dans le futur sera exceptionnelle ! Ces athlètes sont des modèles qui pourront elles-mêmes devenir leur propre marque avec leur propre communauté, leur propre contenu ainsi qu’un pouvoir d’influence qu’elles pourront monétiser par elles-mêmes.

 

Ne pensez-vous pas que le marché du sport professionnel masculin arrive à saturation et que le sport au féminin devrait plus intéresser les sponsors ?

Je ne pense pas que le sport masculin soit arrivé à saturation. Le sport dans sa globalité est très loin de la saturation. Au contraire, il y a une émergence de nouveaux sports, de façons de consommer le sport amplifié par la pandémie. Les sponsors restent très attentifs au sport féminin. La femme reste une cible que l’on essaie de toucher, elle correspond à 50% du marché économique donc il faut y prêter attention. 

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