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Sandrine Gruda : Sport de haut-niveau et endométriose, un duo « compliqué »
L’endométriose est maladie gynécologique inflammatoire et chronique. Une maladie dont souffrent, pas moins de 190 millions de femmes dans le monde, selon les données de la Banque mondiale de 2017. Et pourtant, l’endométriose reste un « tabou » dont la prise en charge au quotidien est « très compliquée » dans un sport collectif. C’est ce qu’explique Sandrine Gruda, double médaillée olympique de basket.
Photo by Annette Riedl / DPA / dpa Picture-Alliance via AFP

Sandrine Gruda souffre d’endométriose depuis plusieurs années. Elle a été diagnostiquée à l’âge de 26 ans, après avoir ressenti des douleurs intenses pendant ses règles.

« Depuis l’âge de 18 ans, j’étais sujette à des vomissements, à de fortes crampes. Quand le pic de douleur atteint un certain niveau, cela peut faire des vertiges et me clouer au lit », explique la basketteuse française.

L’annonce du diagnostic fut « un moment assez effrayant. Le gynécologue a pris un ton grave, donc je comprends que c’est sérieux. Il m’explique et finit par me dire la conséquence la plus redoutée qui est l’infertilité. Parfois, diagnostiquer une personne, c’est diagnostiquer toute une famille car c’est une maladie héréditaire », se rappelle Sandrine Gruda.

Quelle solution pour un mal inconnu ?

« J’étais sous pilule en continu, ce qui peut être très contraignant pour moi car je voyage beaucoup, donc avec différents fuseaux horaires. Ensuite, j’ai commencé un régime anti-inflammatoire puis j’ai arrêté la pilule. Ma solution à moi n’est pas forcément la solution pour une autre femme car il y autant d’endométrioses que de femmes atteintes », ajoute la championne française.

Mais la grande difficulté rencontrée par Sandrine Gruda venait du fait que ses entrainements n’étaient pas adaptés. « Il y a vraiment une grande marge d’évolution. Il faudrait du management sur mesure. C’est possible dans un sport individuel, dans un sport collectif c’est très compliqué, car cela peut aussi pénaliser le reste de l’équipe », se rappelle-t-elle.

« Même aujourd’hui quand j’ai mes règles, c’est une préparation mentale et physique. Le mois dernier par exemple, je suis arrivée à l’entraînement, j’étais déjà fatiguée. Et il faut savoir qu’une femme qui a l’endométriose vit dans l’angoisse permanente, car cela peut surgir à n’importe quel moment » », ajoute Sandrine Gruda.

La basketteuse confie qu’elle ne sait pas si d’autres sportives autour d’elles souffrent de la même maladie, tant le sujet est tabou.

« Notre corps est notre outil de travail et donc il est hors de question qu’on affiche volontairement un dysfonctionnement. Cela voudrait dire aussi faiblesse ou incompétence » avoue-t-elle.

Sandrine Gruda profite aujourd’hui de son statut de championne pour sensibiliser sur le sujet. « Le message que j’essaie de faire passer, c’est : +c’est possible+ mais cela n’est pas sans peine. Bien sûr, s’il avait fallu me faire opérer, j’aurais dit au revoir à ma carrière », conclut la basketteuse française.

Les femmes atteintes d’endométriose bénéficient comme n’importe quelles femmes des effets positifs de l’activité physique sur leur santé. Plus le diagnostic est précoce meilleure sera la prise en charge.

Les douleurs provoquées par l’endométriose font contracter les muscles de manière violente. Le sport aide à ce sujet à redonner de la souplesse aux muscles. C’est pour cela que beaucoup de médecin conseillent des exercices de renforcement musculaire. Le yoga et l’endométriose seraient même le duo idéal.

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