N°2 : Juillet – Décembre 2021
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Javelot – Hania Aidi : la Tunisienne qui défie son handicap
L’athlétisme handisport (ou para-athlétisme) connaît des heures de gloire en Tunisie. Il fait l’objet de sujets de presse, dans les pages qui sont dédiées au sport féminin tunisien, surtout lorsque l’on sait que les succès en la matière se sont multipliés au cours des dernières années, dans tous les forums internationaux et paralympiques.

Riche en talents féminins dans le monde de l’handisport, la Tunisie compte de nombreuses femmes ayant remporté une succession de prix. Citons, à titre d’exemple, Hania Aidi, qui a transformé son handicap en atout majeur, s’imposant ainsi dans les plus grands événements sportifs et accumulant les médailles. Son nom a toujours été associé aux records du monde, quelles que soient les compétitions.

Autrefois victime d’un accident de circulation, aujourd’hui championne paralympique

Hania Aidi, 43 ans, joueuse de lancer du javelot et de lancer de poids, a été victime d’un grave accident de circulation au début des années 2000. Ce malheureux épisode l’a condamnée à se mouvoir via un fauteuil roulant, au moment où la jeune fille souffrait de difficultés financières, ce qui l’a empêchée de poursuivre son traitement de manière périodique et qui a fait en sorte que son handicap l’accompagne encore jusqu’à ce jour.

Le destin a toutefois voulu que la Tunisienne, Hania Aidi, transforme cette calamité en success-story.

A ce sujet, elle raconte : « c’est le hasard qui a fait que je fasse mes premiers pas dans le monde du sport. En 2003, alors que je suivais mes cours de kinésithérapie, à Tunis, je fus témoin d’un entraînement de l’équipe nationale tunisienne paralympique. C’est à ce moment que l’un des entraîneurs des « Aigles de Carthage » m’a conseillée de participer à une discipline requérant un effort physique en lancer ». A cela, elle ajoute : « bien que j’aie commencé le sport à un âge tardif, j’ai, néanmoins, réussi à consolider l’idée selon laquelle l’âge n’est qu’un nombre et que les femmes tunisiennes sont capables d’exceller dans des disciplines qui nécessitent un effort physique conséquent. Au service du sport, j’ai mis tout mon potentiel, multipliant efforts et sacrifices pour atteindre le sommet ».

Peu de temps après, Aidi enregistre sa première participation avec l’équipe paralympique tunisienne, à Athènes, en 2004, et se classe quatrième, en lancer du javelot, avec une propulsion de 12 mètres, frôlant, à l’époque, le premier sacre de sa carrière.

Aidi a remporté de nombreuses victoires : 4 médailles d’argent lui ont été remises lors de 4 participations aux Jeux paralympiques de Pékin (2008), Londres (2012), Rio de Janeiro (2016) et Tokyo (2020).

Celle qui fait la fierté de la Tunisie en matière d’athlétisme handisport a également remporté 3 médailles d’or aux championnats du monde lors des éditions de 2011, 2013 et 2015, ainsi que diverses autres médailles dans les grands événements et forums.

L’entraîneur de Hania Aidi, Mohamed Ali Ben Zina, a déclaré : « J’ai cru en elle et en son succès dès le début. Elle fait preuve d’excellentes performances pendant les entraînements et ne se lasse pas de travailler et de persévérer durant toutes les sessions, encore moins lors des tournois ».

Une blessure grave avec un défi de fer

La grave blessure que la jeune femme a eu à l’épaule aurait dû la pousser à s’écarter de toute activité sportive, son incapacité physique ne lui permettant pas de poursuivre ce parcours.

Pendant un repos forcé qui a duré 6 mois, Aidi a vécu l’isolement et a raté les entraînements durant une période qui a coïncidé avec le confinement imposé par la situation sanitaire et la propagation du coronavirus. Ces contraintes n’ont pas été sans conséquences sur la sportive. Cependant, sa détermination l’a poussée à se reprendre en main et à s’engager, à nouveau, dans son cheminement sportif malgré son âge avancé. Elle espère, depuis, un nouveau sacre aux Jeux paralympiques de Paris 2024.

« L’incident duquel j’ai été victime a été le pire moment de ma carrière. Me retrouver dans une chaise roulante n’a toutefois pas constitué un obstacle pour moi. J’ai décidé, au contraire, d’affronter toutes les difficultés pour m’imposer en tant que femme arabe qui inspirerait les générations futures », a témoigné Aidi.

Dans ce contexte, elle a appelé à la nécessité de fournir des centres d’hébergement et des terrains de jeux adaptés aux athlètes handisport dans toutes les régions de la Tunisie, afin qu’ils puissent pratiquer le sport dans de bonnes conditions : « Je suis certaine que si on accorde davantage d’importance et d’attention aux personnes handicapés, nous aurons de nombreux champions à l’avenir, qui contribueront au rayonnement de la Tunisie ».

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